Fiche pays - Cap-Vert

Généralités

État insulaire de l'Afrique occidentale situé dans l'océan Atlantique, à environ 450 km des côtes sénégalaises. Indépendant depuis 1975, le Cap-Vert compte près de 400 000 habitants [estimation 1997] inégalement répartis sur les 9 îles habitées d'un archipel de 4 033 km2. Praia, la capitale, regroupe environ 75 000 habitants [1994].


Géographie physique

Les dix îles et les dix-huit îlots de l'archipel, d'origine volcanique (le volcan du Pico, dans l'île de Fogo, à 2 829 m, est toujours actif), sont des terres au relief escarpé tombant souvent à pic dans l'océan. Elles sont différenciées par leur orientation opposant les îles « au vent », le Barlavento, (Santo Antão, São Vicente, Santa Luzia, São Nicolau, Sal et Boa Vista) et les îles « sous le vent », le Sotavento (Brava, Fogo, Santiago, la plus grande et la plus peuplée, et Maio). Les contraintes physiques sont fortes. Les pentes sont raides, les sols sont peu fertiles; le climat, de type tropical sec, se caractérise par des précipitations rares (pas de pluies enregistrées de 1972 à 1977) et brutales, donnant aux rivières un régime irrégulier souvent torrentiel; la sécheresse et l'aridité frappent l'archipel où 10 % seulement des terres sont cultivées. La végétation est marquée par un contraste entre le littoral steppique et les versants exposés aux alizés humides couverts de plantations. Le Cap-Vert est membre du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse du Sahel (CILSS).

Population

La population, descendant des esclaves transportés par les Portugais pour travailler dans les plantations ou être vendus au Brésil, est composée d'un fond négro-africain très métissé. Les Blancs n'étaient que 3 % à l'indépendance et les métis constituent plus de deux tiers des citadins. Jeune (45 % de moins de 15 ans), cette population encore très rurale (70 %) croît au rythme de 1,9 % l'an [estimation 1997], et la pauvreté du pays contraint de nombreux Cap-Verdiens à s'expatrier. Près de 30 % de la population réside dans les villes de Praia et de Mindelo (50 000 habitants).
La diaspora est estimée à 700 000 personnes, résidant aux États-Unis, au Portugal, au Sénégal, en Italie, en France et aux Pays-Bas. Son rôle économique est capital pour les gains en devises, mais les migrations sont menacées en raison des contrôles renforcés aux frontières européennes. Le portugais est la langue officielle. Le créole crioulo est la langue nationale. Le français joue un rôle certain. Les Cap-Verdiens sont en majorité catholiques (93,2 %).

Histoire

On dispose de sources insuffisantes pour retracer l'histoire ancienne de l'archipel, occupé avant l'arrivée des Européens par des populations apparentées à celles du Sénégal. En 1456, le Vénitien Alvisa da C'a da Mosto, qui naviguait pour le compte du Portugal, fut le premier à atteindre le Cap-Vert. Les premiers colons s'installent en 1462 sur l'île de Santiago; le traité de Tordesillas (1494) en fit une colonie portugaise, rattachée à la Guinée portugaise.
À partir du XVIIe siècle, l'archipel joua le rôle d'une plaque tournante dans la traite des Noirs vers le Brésil. La conférence de Berlin, en 1885, confirma la souveraineté portugaise sur le Cap-Vert. Mais les Portugais ne s'intéressaient guère à cette colonie, économiquement peu rentable. Une succession de sécheresses et de famines entraîna, après l'abolition de l'esclavage, une vaste émigration, à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.

Les populations se tournèrent vers le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), fondé en 1956 en Guinée portugaise, par Amilcar Cabral et Aristides Pereira. La lutte armée pour l'indépendance ne s'étendit cependant pas au Cap-Vert, la configuration du terrain ne s'y prêtant absolument pas. Ce fut la révolution de 1974 au Portugal qui aboutit à la mise en place d'un gouvernement de transition, puis à l'indépendance du Cap-Vert, le 5 juillet 1975, sous la présidence d'Aristides Pereira. Le PAIGC rechercha l'union des deux territoires, mais les antagonismes étaient forts entre insulaires et continentaux et, en 1980, le putsch militaire contre Luis Cabral, en Guinée-Bissau, conduisit la branche capverdienne à se transformer en PAICV (Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert), dirigé par Aristides Pereira, et à gouverner isolément le Cap-Vert. Les relations entre les deux États se dégradèrent. Dans les années 1980, le Cap-Vert mit en œuvre un important programme de réforme agraire, d'irrigation, de lutte contre l'érosion et la déforestation, et de scolarisation. Mais il restait confronté à des difficultés économiques majeures et dépendait en grande partie de l'aide internationale. L'adoption du multipartisme en 1990 se traduisit par un changement politique radical dans l'archipel. En 1991, l'opposition du MDP (Mouvement populaire pour la démocratie) remporta les premières élections libres, et Antonio Mascarenhas Monteiro succéda à Aristides Pereira à la tête de l'État. Le président Monteiro fit adopter une nouvelle Constitution (1992). Dès lors, l'État se désengagea progressivement du secteur productif, qui fut rapidement privatisé; le troisième plan national de développement, présenté en 1992, confirma le choix d'insertion dans la division internationale du travail par une spécialisation dans la pêche, les services, le tourisme (programme d'accueil de 400 000 visiteurs présenté à la Foire internationale de 1993) et l'appel aux capitaux étrangers. Les dirigeants continuent cependant à jouer la carte africaine: membre du CILSS, de la CEDEAO (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) et de l'OUA (Organisation de l'unité africaine), le Cap-Vert s'est réconcilié diplomatiquement avec la Guinée-Bissau en 1995. En 1996, Antonio Mascarenhas Monteiro a été réélu à la présidence. Mais les élections législatives de 2001 ont été marquées par le retour au pouvoir du PAICV, qui a repris également la tête de l'État lors des présidentielles : le candidat désigné pour la succession de Monteiro a été battu par Pedro Pires, candidat du PAICV (réélu en 2006).

Offres Cap-Vert